Tour de France 2008 : Sastre saisit la chance de sa vie...

Tour de France 2008 : Sastre saisit la chance de sa vie...
Le Tour de France s'est terminé aujourd'hui traditionnellement à Paris. La meilleure émission de télé-réalité du monde a pris fin cette après-midi sur les mythiques Champs-Elysées. Pendant trois semaines, j'ai regardé la plus grande course du Monde pour "me distraire". Toute l'année, je suis sur la route avec le vélo. Alors ça détend un peu de contempler la France depuis son canapé...

Ce Tour 2008 aura été très serré. C'est rare dans l'histoire des dernières Grandes Boucles. Même si depuis la fin de la régence de Lance Armstrong, les valeurs se sont nivelées. La traque du dopage y est aussi pour beaucoup. Si les écarts restent faibles à l'arrivée, le dopage de pointe reste pourtant massivement utilisé par les coureurs qui jouent le classement général. Cependant cette année, il n'y a pas eu de mecs qui volaient en montagne comme l'an passé avec Rasmussen et Contador...

Au rayon des contrôlés positifs, il ne seront qu'au nombre de quatre. Dont l'arrogant Ricardo Ricco. Le coureur qui dit avoir un Coppi dans chaque jambe. Le grimpeur qui prétend devoir freiner dans les virages d'ascensions de cols tellement il va vite. L'enfant qui dès l'âge de 15 ans expliquait ses méthodes de dopage à ses copains dans le peloton amateur...

Le Romagnol entraîne dans sa chute son lieutenant en montagne Leonardo Piepoli qui partageait visiblement plus que sa chambre d'hôtel et surtout toute l'équipe Saunier-Duval dirigée par le peu scrupuleux Mauro Gianetti, cet homme qui avait failli mourir il y a dix ans au Tour de Romandie du temps où il était encore coureur cycliste ! Gianetti avait abusé de PFC, une substance produisant les mêmes effets que l'EPO. Ca lui avait valu trois jours de coma et douze de soins intensifs. Dix ans plus tard, son leader Ricardo Ricco lui a fait un joli clin d'oeil dont il se serait probablement passé. Au même titre qu'à Marco Pantani, l'idole de Ricco...

En Espagne, le dopage ne se résume pas seulement à l'équipe Saunier-Duval puisque Manuel Beltran tombe aussi définitivement dans la nasse après avoir habilement évité les suspensions pour dopage tout au long de sa carrière. Comme pour Lance Armstrong, le laboratoire de Châtenay-Malabry avait retrouvé en 2005 des traces d'EPO dans son sang lors du Tour de France 1999. Ce n'était pas le cas de Moises Duenas de dix ans son cadet. Ce dernier est cependant également contrôlé positif à l'EPO sur la route du Tour 2008. Inexistant l'an passé chez Agritubel, il arrivait dorénavant à suivre en montagne au sein de sa nouvelle équipe Barloworld. Trop beau pour être honnête. Et Dmitri Fofonov ? Celui que l'on prénommait le dernier des Kazakhs dans le peloton après l'éviction des Vinokourov et Kasheckin pour transfusion sanguine. Contrôlé positif à un stimulant à St Etienne, il peut rentrer à son tour à Astana pour une durée minimale de deux ans...

Venons-en maintenant à la course. Intimement liée au dopage, j'ai nommé l'équipe CSC du sulfureux Bjarne Riis. Sa team a écrasé le Tour. Meilleur rouleurs, meilleurs grimpeurs, meilleurs partout ! Riis est aujourd'hui un des rares hommes à pouvoir se vanter d'avoir réalisé le doublé dans le Tour de France. En 1996 sur le vélo en tant que coureur. En 2008 sur la voiture suiveuse dans le rôle du directeur sportif. Même si il a été contraint entre temps d'avouer qu'il avait gagné le Tour 1996 avec de l'EPO dans le sang. Et même si on apprendra peut-être dans quelques années que Carlos Sastre, son leader actuel, en a fait de même...

Mais qui est ce Carlos Sastre ? Un espagnol de 33 ans qui a déjà bien rouler sa bosse. Un mec aussi discret qu'intelligent dans le milieu qui a toujours réussi à passer entre les mailles du filet. Il a commencé sa carrière en 2000 au sein de la sulfureuse ONCE où un certain Manolo Saiz présidait à l'époque. C'était la fin des années Jalabert de l'autre côté des Pyrénées. Une époque où la traque du dopage n'avait pas réellement commencé en Espagne. Et où personne ne se doutait encore que l'Opération Puerto allait entraîner six ans plus tard la chute des plus grands champions du pays...

Quand un journaliste demanda à Carlos Sastre si on tenait enfin avec lui un vainqueur propre du Tour de France, celui-ci répondit un oui spontané largement employé dans le milieu du cyclisme alors que depuis l'âge de 18 ans tout cycliste ibérique ambitieux comme l'est Carlos Sastre fait usage de la fléchette pour constamment progresser. A la question suivante, le sympathique Carlos (car lui est au moins sympathique à l'inverse des Armstrong et consorts...) dédia sa victoire à son beau-frère José-Maria Jimenez. L'homme qui écrasait la montagne avec une facilité trop suspecte pour être crédible. L'homme qui finit sa carrière tellement dépressif qu'il mourra d'une crise cardiaque dans un hôpital glauque. Sastre avoua ensuite qu'il s'était inspiré de Laurent Jalabert qu'il avait côtoyé à la ONCE puis à la CSC au début de sa carrière. Et des méthodes employées par le numéro un mondial des années EPO...

Depuis quatre ans, Carlos Sastre était devenu le coureur le plus régulier des Tour de France et d'Espagne. Un spécialiste des courses de trois semaines. En 2005 et 2007, deuxième de la Vuelta derrière Denis Menchov. En 2006, troisième du Tour derrière Oscar Pereiro et Andreas Klöden. Jusqu'en 2006, il était l'équipier fidèle d'Ivan Basso en montagne et il devint enfin leader après l'implication de ce dernier dans l'Opération Puerto. L'Espagnol tournait autour depuis un moment. Ce Tour 2008 constituait probablement sa dernière chance grâce à la place moins importante donnée aux contre-la-montre et surtout l'absence des plus grands dopés du peloton (Rasmussen, Contador, Basso, Vinokourov, Klöden, Leipheimer et Di Luca) sur cette édition du soit disant renouveau...

Carlos Sastre était aussi intégré au sein d'une équipe CSC terriblement forte et homogène où les frères Schleck ont fait diversion pendant trois semaines, monopolisant l'attention des suiveurs et spécialistes du Tour de France. Bjarne Riis avait parfaitement caché son jeu en lançant d'abord Franck Schleck à l'assaut du maillot jaune dans Hautacam. Pour une seconde, ce dernier échouerait au profit de Cadel Evans. Mais ce n'était que partie remise puisqu'à Prato Nevoso, l'aîné des frères Schleck s'emparerait de la tête du classement général. N'osant pas dans la Bonette, temporisant dans la Croix-de-Fer, on commençait à croire que la CSC allait perdre le Tour de France dans le dernier contre-la-montre au profit de Cadel Evans bien meilleur rouleur sur le papier. C'était sans compter sur l'attaque fulgurante de Carlos Sastre dès le pied de l'Alpe-d'Huez dans l'étape reine des Alpes. Après deux cols hors-catégorie et près de 200 kilomètres de course, le Madrilène s'envolait seul à la conquête du Tour de France. Victoire mythique à l'Alpe doublée du maillot jaune. Un maillot jaune qu'il préserverait contre vents et marées jusqu'à Paris pour une petite minute sur Cadel Evans malgré le dernier chrono défavorable de St Amand-en-Montrond...

Sastre venait là de saisir la chance de sa vie. Jamais contrôlé positif tout au long de sa carrière, l'Espagnol a su parfaitement doser sa préparation spécifique à l'instar de son mentor Laurent Jalabert. Et ce n'est logiquement pas aujourd'hui qu'il va tomber dans la nasse tellement il semble bien piloté médicalement par les médecins de la CSC. Qui transforment leurs rouleurs surpuissants Fabian Cancellara et Jens Voigt en grimpeurs aériens dans les cols hors-catégorie du Tour de France. Avant de passer la main à Andy et Franck Schleck dans les ascensions finales... qui mettent Carlos Sastre sur orbite pour conlure ! Il l'a fait astucieusement en ce dimanche 27 juillet 2008 sur les Champs-Elysées parisiens, succédant à ses compatriotes Oscar Pereiro et Alberto Contador...

Photo de Carlos Sastre (Team CSC-Saxo Bank)
# Posté le lundi 28 juillet 2008 11:03
Modifié le lundi 28 juillet 2008 11:59

Octobre, triste fin de saison...

Octobre, triste fin de saison...
La fin de saison est tombée sur le lac de Côme. Le Giro di Lombardia dans l'escarcelle du jeune prodige italien Damiano Cunego. Cunego justement, le seul coureur de ces dix dernières années ayant gagné un Grand Tour sans tomber ensuite dans la nasse du dopage...

Sur la ligne d'arrivée de cette dernière course de l'année, il a devancé au sprint son compatriote Ricardo Ricco. Un coureur encore plus jeune que lui mais qui a déjà fait parler de lui au chapitre des faits divers. Contrôlé positif chez les amateurs et ayant obtenu des résultats sanguins anormaux sur le dernier Giro. Comme Danilo Di Luca. Le leader du Pro Tour impliqué dans l'affaire Oil for Drug, un réseau de dopage à l'EPO mis au jour en 2004, a d'ailleurs été condamné à trois mois de suspension par le Comité National Olympique Italien dans la semaine précédant le Tour de Lombardie. Il perd donc le classement du Pro Tour 2007 sur tapis vert. Et ne pourra même pas porter réclamation auprès d'un sulfureux avocat puisque Cadel Evans, son poursuivant immédiat au classement, l'a dépassé in extremis en finissant 6ème de cette dernière classique...

Qui est donc ce Cadel Evans qui finit numéro un mondial sans avoir gagné une course de l'année ? Un australien discret qui a commencé le cyclisme en pratiquant le VTT. S'est fait écrasé par un certain Michael Rasmussen... avant de passer à la route ! Il a rencontré en Italie un certain Patrick Lefévère qui l'a intégré dans l'armada Mapei dès 2001. En 2002, lors d'un Giro tourmenté, il a même porté le maillot rose une journée avant de s'effondrer le lendemain dans les Dolomites. Ce jour-là, Evans avait cédé au futur vainqueur de l'épreuve, Paolo Savoldelli, un quart d'heure dans les 10 derniers kilomètres. On l'avait vu serpenter dans la montée du Passo Coe en étant poussé de compassion par les tifosis italiens qui s'étaient enflammés d'avoir pu rencontrer un champion au visage humain. Visage que les Dario Frigo, Stefano Garzelli, Francesco Casagrande ou encore Gilberto Simoni de l'époque ne pouvaient pas avoir. Du temps est passé depuis. Evans l'a mis à profit pour se bonifier. Il a rapidement compris qu'il ne serait jamais un coureur hors-norme. Juste un bon rouleur en plaine et un honnête suiveur en montagne. Suffisant pour multiplier les places d'honneur. Depuis 2005, il a fait une fixation sur le Tour de France. Tout en restant compétitif une très grande partie de la saison. De Paris-Nice à la Lombardie. Tout simplement. Cadel Evans n'est pas un coureur du panache. Juste vulgairement un suceur de roue. Mais quand même le vainqueur du Pro Tour au final. Un homme qui a réussi à bisser Tour et Vuelta avec succès : deuxième sur la Grande Boucle et quatrième sur le Tour d'Espagne. Un homme déjà septième sur Paris-Nice, quatrième en Romandie et deuxième sur le Dauphiné. Un homme qui a su rester compétitif sur la Vuelta mais aussi aux championnats du Monde (quatrième) comme en Lombardie (sixième). Un homme que la majorité du peloton juge propre. C'est dire...

En marge d'Evans qui sauve cette nouvelle saison cycliste de la honte, il y a le cas Paolo Bettini. La semaine précédent la remise en jeu de son titre de champion du Monde à Stuttgart, le toscan a fait l'objet de soupçons après une révélation de la chaîne allemande ZDF. En marge des Mondiaux de Stuttgart, la chaîne a affirmé avoir été en possession d'un document prouvant que Patrik Sinkewitz, contrôlé positif à la testostérone en juin dernier, se serait procuré un produit auprès de Paolo Bettini du temps où ils couraient ensemble chez Mapei-Quick Step. Déclaré positif, licencié puis perquisitionné, Patrik Sinkewitz a affirmé à Paolo Bettini n'avoir jamais tenu de tels propos, mais le champion du monde a dû faire face à une nouvelle rumeur à son arrivée à Stuttgart. Une rumeur auquelle il a répondu en conservant magistralement son titre sur la route en règlant un petit groupe échappé. Et profité de l'aubaine inespérée pour faire tout son cinéma. Dans la tradition de l'exagération à l'italienne. Flinguant à trois reprises sur la ligne d'arrivée en direction de la dirigeante allemande qui avait voulu lui interdire l'accès aux championnats "une femme qui ne connâit rien au cyclisme et qui dans des fins strictement personnelles a voulu booster sa carrière politique" ! La réponse du grillon a été sanglante. Mais le doute est quand même là...

Comme sur Stefan Schumacher, la nouvelle Formule 1 allemande. Depuis le retrait de la star du pays Jan Ullrich, Schumacher porte sur ses épaules une partie du pseudo renouveau du cyclisme allemand. Brillant en 2006, il est passé à côté de sa saison 2007, même s'il a remporté, par la bénédiction de son coéquipier Davide Rebellin, l'Amstel Gold Race. Curieusement son écurie, la Gerolsteiner, a appliqué une politique anti-dopage ferme depuis l'hiver dernier. Alors la Ferrari Schumacher a baissé de pied. Depuis deux mois, on ne le voyait plus trop en course. Soit disant parce qu'il préparait minutieusement ses championnats du Monde à domicile. En finissant sur la troisième marche du podium, le puncheur allemand ne s'est d'ailleurs pas raté. Mais il a présenté des valeurs sanguines surprenantes lors d'un test inopiné diligenté par sa fédération deux jours après la course. Si la fédération allemande assure qu'il ne s'agit pas d'une manipulation sanguine, elle a relevé des valeurs divergentes. Le week-end suivant, le coureur a pris le volant à la sortie d'une discothèque, non loin de chez lui, quand il a percuté une clôture de jardin. Plutôt que de s'arrêter, Stefan Schumacher a poursuivi sa route, mais la police a été alertée et le coureur pris en chasse. Arrêté après avoir pris la fuite, l'allemand a admis les dommages mais les policiers ont tenu à lui faire passer un alcotest et un examen antidrogue. Résultat : de l'alcool et de la drogue dans le sang ! Stefan Schumacher a confessé avoir pris quelques verres en boîte de nuit avant de prendre la voiture et de défoncer une clôture mais a fermement nié avoir pris de la drogue. Pauvre Schumacher...

Entre ces pathétiques championnats du Monde (où Fabian Cancellara a également conservé son titre contre-la-montre) et le Tour de Lombardie, il y a eu Paris-Tours. Remporté là aussi par un coureur sombre en la personne d'Alessandro Petacchi. Contrôlé en mai positif au salbutamol avant d'être acquitté par sa fédération, il a regagné sur la Vuelta. Comme sur l'avenue de Grammont. En toute impunité. Sans oublier de nous faire lui aussi un grand cirque à l'italienne, les transalpins restant incontestablement les meilleures dans la science du cinéma comme du doping...

Sinon, en septembre, Denis Menchov a remporté la Vuelta. Une Vuelta au rabais. De façon anecdotique. Encore plus que celle acquise sur tapis vert il y a deux ans après le déclassement de Roberto Heras. Heras qui n'a jamais reconnu s'être dopé et qui a même refait parler de lui en fin de Tour d'Espagne. En annonçant qu'il négociait d'arrache pied son retour prochain dans les pelotons, sa suspension arrivant à terme. Ca aussi, c'est le cyclisme moderne...

Mais ce n'est pas encore aussi bien que le cas Andrey Kashechkin. Le coureur kazakh de la formation Astana a été contrôlé positif lors d'une sortie d'entraînement à Belek (sud-ouest de la Turquie), le 1er août. Comme pour son leader Alexandre Vinokourov, ce contrôle inopiné effectué par l'UCI, a décelé la pratique d'une transfusion sanguine homologue. On aurait pu en rester là mais non. Kashechkin ne s'est même pas étendu sur son cas de dopage. Il a juste répondu qu'il se vengerait très fort. En réduisant à néant la politique antidopage actuelle. Comme quoi les coureurs étaient traîtés tels des criminels. Bah oui, ce n'est pas normal que les contrôleurs de l'UCI viennent jusqu'en Turquie lors d'un stage de préparation à la Vuelta pour contrôler un coureur cycliste. Qui plus est le lieutenant d'Alexandre Vinokourov. Qui plus est un coureur qui se dope exactement de la même façon que son leader coincé sur le dernier Tour de France. Pour étayer ses arguments, son avocat évoque l'article 8 de la Convention des droits de l'homme selon lequel il ne peut y avoir d'ingérence dans la vie privée que par des autorités publiques. Or selon Maître Misson, le contrôle sanguin diligenté par l'UCI auquel s'était soustrait Kashechkin tard dans la soirée alors qu'il était en vacances en famille en Turquie, entre justement dans la catégorie des cas d'ingérence à la vie privée car effectué par des autorités sportives et non publiques. Il a surtout eu lieu en dehors du cadre de toute compétition. Le procès de l'ancien coureur de l'équipe Astana débutera le 6 novembre devant le tribunal des référés de Liège. En cas de défaite, la défense se réserve le droit d'aller jusque "devant la cour des droits de l'homme, ce qui donnerait un arrêt à valeur sinon mondiale, du moins européenne."

En bref, vivement 2008 !

Photo de Cadel Evans (Predictor-Lotto)
# Posté le vendredi 26 octobre 2007 17:39
Modifié le vendredi 01 août 2008 17:26

^^ Insolite ^^

Salut à tous,

Pour oublier l'atmosphère excécrable du cyclisme actuel, voici une petite vidéo que j'ai filmée le 29 septembre dernier dans les montagnes des Pyrénées-Atlantiques...

Vous retrouverez des vues depuis le Port de Larrau, le col d'Erroymendi comme le mythique Bagargui alors rincez-vous bien l'oeil !

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 05:13

^^ Insolite ^^

Salut à tous,

Pour vous détendre, voici une petite vidéo filmée par mes soins le 1er août dernier dans l'ascension mythique du col de l'Iseran lors de mes 113 kilomètres entre Modane et Bourg-St Maurice...

L'Iseran, ça aura été pour moi 57 kilomètres et 4 heures de montée depuis Modane avec un final de 14 kilomètres à plus de 7% de moyenne pour basculer à 2770 mètres d'altitude juste à côté des cimes éternellement enneigées...

Alors débranchez pendant 3:12 votre cerveau... et laissez-vous envoûter par la magie de cette montagne sauvage !
# Posté le lundi 13 août 2007 05:33

Juillet, Tour de Honte !

Juillet, Tour de Honte !
Le cyclisme actuel, c'est d'abord les affaires de dopage. A chaque gros poisson du peloton attrapé, c'est un favori du Tour de France en moins pour la victoire finale...

Jörg Jaksche n'en fait plus partie depuis l'Opération Puerto. Mais depuis il a malgré tout retrouvé une équipe, la Tinkoff Credit Systems, une équipe certes de seconde zone, qui a été invité au Giro en mai mais qui n'est pas convié à la fête de juillet. Jaksche au bout du rouleau a cependant fini par craquer en avouant qu'il s'était dopé toute sa carrière. A la Polti, à la T-Mobile, à la CSC comme chez Liberty. Pour marquer le coup de façon spectaculaire et voler ses derniers dollars au monde du cyclisme, il a balancé des noms, beaucoup de noms. En échange, il a reçu des menaces de mort venant de la haute mafia ! Pauvre sport. Son équipe Tinkoff non souhaité sur le Tour a été préféré à l'équipe Astana et sa ribambelle de stars de l'ex T-Mobile. Une équipe dont Matthias Kessler ne fait plus partie, contrôlé positif en mai à la testostérone lors des classiques ardennaises. Kessler, un des nombreux lieutenants d'Ullrich sous la célèbre tunique rose. Mais des stars chez Astana, il en reste. Alexandre Vinokourov, Andreas Klöden et Andrey Kashechkin. Ce sont d'ailleurs les favoris du Tour de France. En cela bien épaulé par Paolo Savoldelli et Antonio Colom...

Je ne suis pas ici pour vous raconter l'histoire de ce Tour de France 2007 que vous connaissez tous. Tour de France complètement pathétique et dénudé de tout intérêt sportif après les maintes expulsions pour soupçons ou cas de dopage...

Ce qu'on s'aperçoit, c'est que Michael Rasmussen et Alexandre Vinokourov ont chacun remporté deux victoires d'étape prestigieuses avant d'être exlu de la Grande Boucle...

Que Ivan Mayo ressuscité dans les Alpes après trois années blanches a fini lui aussi par se faire contrôler positif à l'EPO. En mai, il avait été contrôlé non négatif à la testostérone. Il s'en était sorti sans dommage contrairement à son coéquipier Leonardo Piepoli. Mais Mayo était fortement suivi depuis par les contrôleurs antidopage de l'UCI. Et il a fini lui aussi par tomber. La Saunier-Duval perd progressivement tous ses leaders. Après les résultats sanguins jugés anormaux de Gilberto Simoni et Ricardo Ricco sur le dernier Giro. L'étau se resserre de plus en plus sur les stars de la seringue...

Au milieu de tout ça, on peut noter que quatre grandes équipes du début des années 2000, CSC, Caisse d'Epargne, T-Mobile et Gerolsteiner, sont maintenant en retrait dans les Grands Tours. Certes elles ont perdu pour la plupart leurs grands leaders tombés dans la nasse du dopage. Mais quand même. A la CSC, Carlos Sastre fait de la résistance. Mais Jens Voigt et consorts n'avancent plus comme des avions en montagne. Pareil à la Caisse d'Epargne où même le prodige Alejandro Valverde bute dans les cols. A la T-Mobile habitué à jouer le maillot jaune ces dernières années, il n'y a plus de leader capable de briller sur la Grande Boucle. Serhiy Honchar a été écarté en interne suite à des résultats sanguins anormaux. Michael Rogers n'arrive pas à confirmer. Et joue de malchance en devant abandonner suite à une chute dans la descente du Cormet de Roselend. Patrick Sinkewitz se fait lui aussi contrôler positif au printemps à la testostérone, un produit qui revient à la mode depuis un an et le cas de dopage positif à cette substance du grand menteur Floyd Landis. Kim Kirchen lui ne progresse pas mais avance dans les classements grâce aux évictions des différents leaders. Linus Gerdemann monte mais reste un coureur fragile sur trois semaines, ce qui est rassurant pour le nouvel espoir du cyclisme allemand. Chez ses voisins allemands de la Gerolsteiner, c'est l'anonymat le plus total traversé dans ce Tour de France. Où sont passés Stefan Schumacher, Fabian Wegmann et Markus Fothen ? Preuve que la politique antidopage plus ou moins instauré dans ces différentes équipes a eu un effet...

Chose que la Discovery Chanel ne connait pas. Elle n'a pas eu honte d'engager Ivan Basso l'hiver dernier. Rattrapé depuis définitivement par l'Opération Puerto. Mais pour faire triompher Basso dans le Tour, elle a également embauché un rescapé de ce vaste réseau de dopage sanguin en Espagne. Cet homme, c'est évidemment Alberto Contador. Ce qu'il y a de bien dans l'équipe de Johan Bruyneel si on est totalement niais, ce sont ses différents leaders de rechange qu'elle possède. Même sans Armstrong retraité, Savoldelli parti et Basso écarté, son équipe écrase le classement général du Tour de France en plaçant trois seconds couteaux dans les dix premiers du classement général à Paris. Qui plus est avec deux coureurs sur le podium. Et Alberto Contador tout en haut...

Ce Tour de France est un Tour de Honte également avec le scandale Rasmussen. Inutile de revenir dessus en profondeur. Mais quelle personne un minimum intelligente croyait à l'épouventail Rasmussen en haute montagne depuis trois ans ? Rasmussen, l'homme qui écrasait le VTT avant de passer sur la route à 28 ans et d'y briller immédiatement dans les étapes montagneuses du Tour de France. Rasmussen, l'homme qu'on ne voit en compétition qu'un mois dans l'année, évidemment celui de juillet...

Et Alexandre Vinokourov ? Jusqu'à présent, Vino était la dernière grande star du cyclisme à n'être jamais tombé dans la nasse. Avant cette pathétique transfusion homologue. Le Kazakh traqué par l'UCI depuis un an suite à son appartenance à la Liberty-Seguros de Manolo Saiz piloté médicalement par Eufemanio Fuentes ! Vinokourov qui s'entraînait en noir au printemps pour échapper aux contrôles inopinés sur le bord de la route, Vinokourov qui était suivi par le terrible docteur Ferrari, Vinokourov l'imbécile...

Il en est de même pour Christian Moreni. L'homme traversait le Tour dans l'anonymat. Ne jouait dans aucun classement. Mais il s'est quand même chargé de testostérone entre les Alpes et les Pyrénées. Dans quel intérêt ? Celui de simplement finir à Paris ? Ce cas de dopage fait encore davantage de peine au vélo. De voir que même les grégarios prennent. En attendant, l'Italien a reconnu sa faute, chose pas courante dans le milieu du vélo ! Tous les arguments, même les plus superflus, étant souvent utilisés pour nier l'évidence...

Le Tour est arrivé à Paris dimanche dernier. Proche du chaos. Avec un vainqueur forcément chargé de drogues. Mais le Tour est arrivé. Et c'est bien là le seul exploit de ce mois de juillet. De constater que malgré les multiples affaires de dopage, le Tour de France continue à exister...

Photo des trois plus grosses cyclindrées de ce Tour de France 2007 : la moto suiveuse (ASO), la moto Rasmussen (Rabobank) et la moto Contador (Discovery Channel)
# Posté le vendredi 03 août 2007 07:22
Modifié le dimanche 03 février 2008 19:41