Tour de France 2009 : l'ère de la robotique !

Tour de France 2009 : l’ère de la robotique !
Le grand cirque estival est de retour. Avec son meilleur clown à sa tête. Lance Armstrong revient sur le Tour de France après trois ans et demi d'inactivité, on pourrait croire à un poisson d'avril... mais ce n'est qu'un poison de juillet ! Si Armstrong remonte sur son vélo en 2009, c'est officiellement pour "promouvoir la lutte contre le cancer". Officieusement, les raisons sont toutes autres. L'Américain, qui depuis 2005 s'est battu bec et ongles en justice suite à ses relations troubles avec le dopage, avait besoin d'un nouveau challenge.

En juillet 2008, il s'étonne de la victoire de Carlos Sastre dans le Tour, "un second couteau qui n'escalade pas très vite l'Alpe-d'Huez" comparé à ses années de régence. Armstrong estime également qu'on ne parle plus suffisamment de lui, blotti qu'il est au fin fond de son ranch du Texas à siroter bière sur bière. Pourtant, depuis qu'il a pris sa retraite, celui qu'on surnomme "le boss" a tout fait pour rester sur le devant de l'actualité. En 2006, il se réconcilie avec Floyd Landis pour dénigrer le fameux laboratoire de Châtenay-Malabry qui a retrouvé de l'EPO dans ses urines avec six ans de retard. La même année, il met en doutes les performances de l'équipe de France de football après son parcours héroïque en Coupe du Monde. En 2007, il revient sur le Tour en tant que suiveur et continue de cracher sur sa cible préférée, la France ! 2008 marque un revirement dans le comportement du Texan qui se veut plus modéré dans ses propos. Normal, il prépare déjà son retour.

Lorsqu'il annonce en septembre dernier qu'il va reprendre la compétition, une onde de choc traverse le milieu. Le cyclisme traverse une grave crise depuis une dizaine d'années. Ce sport cherche en vain à se débarrasser de ses vieilles sorcières... que voilà son plus grand imposteur de retour ! Il est donc définitivement dit qu'il n'y a pas de morale dans le vélo qui n'est finalement qu'un vaste reflet de la société. Armstrong qui revient, ce sont des milliers de niais supplémentaires à suivre le Tour de France, ce sont ces mêmes personnes à se masser sur le bord des routes, à encenser l'Américain et son soit disant combat contre le cancer, et donc à alimenter le business cyclisme.

Difficile par conséquent de bouder le retour du septuple vainqueur du Tour pour les différents organisateurs de courses. A chaque apparition du Texan, les gens viendront pour "voir la bête" dixit Christian Prudhomme, le directeur du Tour qui retourne habilement sa veste par ces temps de crise. Il en est de même pour Angelo Zomegnan, son pendant du Giro, quoiqu'on savait l'Italien dénoué de toute éthique sportive.

Officiellement, Armstrong touche un salaire d'un euro par mois chez Astana mais il reçoit un joli chèque d'un million deux cent mille euros pour venir courir le Tour d'Italie au mois de mai. C'est aussi ça le système Armstrong mais on ne vous le dit pas dans la Gazetta dello Sport.

En préparation sur le Giro, Armstrong débarque donc en grande condition sur la Côte d'Azur au départ de ce Tour de France qu'il rêve secrètement de remporter. Malgré sa grande connaissance de cette course, il est dépassé sur le contre-la-montre monégasque en ne finissant que dixième, à 40 secondes de la fusée Fabian Cancellera qui déboule telle une Formule 1 de la moyenne corniche. Son équipe Astana place d'ailleurs quatre hommes dans le top 10, c'est l'ère de la robotique avec devant lui Alberto Contador, Andreas Klöden et Levi Leipheimer, trois coéquipiers mais aussi trois potentiels rivaux pour la victoire finale à Paris !

Abondance de biens ne nuit pas selon son directeur sportif Johan Bruyneel qui doit gérer une véritable dream team de surhommes. Contador se place comme le premier d'entre eux en repoussant d'emblée Armstrong à 22 secondes. L'Espagnol est invaincu depuis deux ans sur les courses de trois semaines. Et il a déjà remporté, à seulement 26 ans, les trois Grands Tours, comme Anquetil, Merckx et Hinault jadis. Le problème, c'est que ces derniers étaient de véritables champions cyclistes à leurs époques respectives. Qu'en est-il de Contador ? C'est un frêle coureur qui grimpe tel un chat et roule comme un scooter. Il a été dédouané avec complaisance de l'Opération Puerto sous prétexte qu'il incarnait l'avenir du cyclisme espagnol. Depuis Contador rafle toutes les courses par étapes. Ses adversaires s'effacent uns à uns, pris dans les scandales de dopage à répétition, quand lui a au moins le mérite de se faufiler à travers les mailles du filet des contrôleurs de l'antidopage.

Mais sur ce Tour 2009, Contador doit se mesurer à d'autres célèbres anguilles, la plupart dans sa propre équipe ! Sur la route de La Grande Motte, Armstrong lui reprend 41 secondes au profit d'une bordure et ne manque pas de lui faire comprendre son erreur par presse interposée, le phénomène Twitter étant un véritable exutoire à l'ego surdimensionné de l'Américain ! Le lendemain, Astana écrase le contre-la-montre par équipes même si Armstrong manque de prendre le maillot jaune pour moins d'une seconde à Cancellara. Les potentiels adversaires de l'équipe kazakhe, si toutefois elle en avait au départ de Monaco, sont déjà à plus de trois minutes. Seul la Saxo Bank des frères Schleck et la Garmin du surprenant Bradley Wiggins restent dans le coup.

Les Pyrénées étant largement escamotées, le classement général n'évolue guère lors de la seconde semaine. Il permet juste à Rinaldo Nocentini de se parer de jaune après une échappée fleuve en Andorre où Alberto Contador démarre à 35 km/h dans les derniers kilomètres de la montée vers Arcalis. Il reprend du coup 21 secondes à tous les favoris du Tour et se replace pour deux secondes devant Lance Armstrong. Il faut donc attendre les Alpes pour que la bagarre reprenne férocement... sans Leipheimer qui a dû abandonner dans les Vosges, poignet en vrac après une chute.

Armstrong croit plus que jamais en la victoire finale mais il va déchanter lors de la 15ème étape reliant Pontarlier à Verbier. Sur une montée sèche, l'Américain commet l'erreur de se mettre dans le rouge en suivant une attaque de Franck Schleck. Ce dernier prépare le terrain pour son frère Andy mais c'est Contador qui démarre violemment à mi-pente pour prendre le commandement du Tour de France dans la chic station du Valais. Armstrong qui a explosé, est repoussé à plus d'une minute et demie mais reste le premier des poursuivants à l'Espagnol.

Lors de l'étape suivante, le Texan est un temps largué dans le col du Petit St Bernard. Prétextant le jeu d'équipe, il revient au prix d'un démarrage foudroyant pour impressionner les foules. Mais l'Américain a perdu de sa splendeur par rapport à ses années fastes.

Lors de l'étape reine du Grand Bornand, il est lâché dès le col de Romme où les frères Schleck mènent une attaque de grande envergure pour se rapprocher du podium à Paris. Seul Contador et Klöden peuvent suivre. Contador, qui a assurément les yeux plus gros que le ventre par rapport au combat qu'il mène quotidiennement contre le clan Armstrong, veut assommer le Tour en attaquant dans les pourcentages inhumains de la Colombière. C'est une erreur tactique puisqu'il ne parvient pas à faire le trou sur les deux Luxembourgeois et surtout parce qu'il condamne Klöden qui visait lui aussi un podium sur les Champs Elysées. Le soir à l'hôtel, tous les membres de l'équipe Astana ne se privent pas pour critiquer l'attitude de l'Espagnol qui se retrouve toujours un peu plus isolé au sein de sa propre formation.

Ce dernier met cependant les points sur les "i" lors du contre-la-montre autour du lac d'Annecy en repoussant une nouvelle fois tous ses adversaires. Le frêle grimpeur Madrilène bat même les purs rouleurs comme Wiggins et Cancellara pour s'octroyer sa deuxième victoire d'étape après Verbier confirmant l'ère de la robotique qui se trame dans le cyclisme de la fin des années 2000. Il dispose de plus de quatre minutes d'avance sur Andy Schleck et de cinq sur son grand rival Armstrong qui a tout donné pour reprendre la troisième place.

Le bouquet final sur les pentes enfiévrées du Mont Ventoux n'apporte pas de sensibles modifications au classement général, seul Franck Schleck remontant à la cinquième place devant le vieillissant Andreas Klöden et derrière l'insaisissable Bradley Wiggins. Alberto Contador remporte donc son deuxième Tour de France sans coup férir. La poignée de main qu'il donne à Armstrong sur le podium est glaciale comme son soulagement est palpable après trois semaines sous haute tension.

Sur ce Tour de France 2009, l'enfant de Pinto se sera davantage battu dans sa chambre d'hôtel que sur le terrain où il n'aura jamais vraiment ouvert la bouche. Est-ce cela le cyclisme moderne ? Un coureur qui gagne aussi bien en haute montagne que contre-la-montre sans jamais montrer le moindre signe de souffrance ? Et que dire du retour de Lance Armstrong qui, même s'il n'a pas gagné, fait troisième à 38 ans après trois ans et demi d'absence ? Est-ce un magnifique come-back comme les niais s'enthousiasment à dire ou juste un nouveau bras d'honneur ? Et Wiggins, cet homme qui ne passait pas un col encore l'an passé et qui finit quatrième en n'étant jamais décramponné en montagne si ce n'est dans l'étape du Grand Bornand ? L'Anglais se défend en prétextant qu'il a perdu sept kilos cet hiver et qu'il fait dorénavant le métier - se piquer ? - mais ce n'est évidemment pas suffisamment pour convaincre les spécialistes. Et les frères Schleck attaquant à tout va dans les Alpes ?

Les neuf premières places du classement général sont d'ailleurs trustées par seulement quatre équipes. Astana qui place trois coureurs avec Contador, Armstrong et Klöden. Saxo Bank avec les frères Schleck. Garmin avec Wiggins et Vandevelde. Liquigas avec Nibali et Kreuziger, et qui compte également dans ses rangs le meilleur grimpeur et super combatif Pellizotti. Ensuite arrive le premier coureur cycliste à visage humain. Il s'appelle Christophe Le Mével, il est français et seulement dixième. Mais dans quelques années, quand l'ère de la robotique aura été mis en lumière sur cette cuvée 2009, il deviendra certainement le pauvre dindon de cette nouvelle farce...

# Posté le mardi 28 juillet 2009 06:47

Modifié le mercredi 12 août 2009 18:50

Tour de France 2008 : Sastre saisit la chance de sa vie...

Tour de France 2008 : Sastre saisit la chance de sa vie...
Le Tour de France s'est terminé aujourd'hui traditionnellement à Paris. La meilleure émission de télé-réalité du monde a pris fin cette après-midi sur les mythiques Champs-Elysées. Pendant trois semaines, j'ai regardé la plus grande course du Monde pour "me distraire". Toute l'année, je suis sur la route avec le vélo. Alors ça détend un peu de contempler la France depuis son canapé...

Ce Tour 2008 aura été très serré. C'est rare dans l'histoire des dernières Grandes Boucles. Même si depuis la fin de la régence de Lance Armstrong, les valeurs se sont nivelées. La traque du dopage y est aussi pour beaucoup. Si les écarts restent faibles à l'arrivée, le dopage de pointe reste pourtant massivement utilisé par les coureurs qui jouent le classement général. Cependant cette année, il n'y a pas eu de mecs qui volaient en montagne comme l'an passé avec Rasmussen et Contador...

Au rayon des contrôlés positifs, il ne seront qu'au nombre de quatre. Dont l'arrogant Ricardo Ricco. Le coureur qui dit avoir un Coppi dans chaque jambe. Le grimpeur qui prétend devoir freiner dans les virages d'ascensions de cols tellement il va vite. L'enfant qui dès l'âge de 15 ans expliquait ses méthodes de dopage à ses copains dans le peloton amateur...

Le Romagnol entraîne dans sa chute son lieutenant en montagne Leonardo Piepoli qui partageait visiblement plus que sa chambre d'hôtel et surtout toute l'équipe Saunier-Duval dirigée par le peu scrupuleux Mauro Gianetti, cet homme qui avait failli mourir il y a dix ans au Tour de Romandie du temps où il était encore coureur cycliste ! Gianetti avait abusé de PFC, une substance produisant les mêmes effets que l'EPO. Ca lui avait valu trois jours de coma et douze de soins intensifs. Dix ans plus tard, son leader Ricardo Ricco lui a fait un joli clin d'oeil dont il se serait probablement passé. Au même titre qu'à Marco Pantani, l'idole de Ricco...

En Espagne, le dopage ne se résume pas seulement à l'équipe Saunier-Duval puisque Manuel Beltran tombe aussi définitivement dans la nasse après avoir habilement évité les suspensions pour dopage tout au long de sa carrière. Comme pour Lance Armstrong, le laboratoire de Châtenay-Malabry avait retrouvé en 2005 des traces d'EPO dans son sang lors du Tour de France 1999. Ce n'était pas le cas de Moises Duenas de dix ans son cadet. Ce dernier est cependant également contrôlé positif à l'EPO sur la route du Tour 2008. Inexistant l'an passé chez Agritubel, il arrivait dorénavant à suivre en montagne au sein de sa nouvelle équipe Barloworld. Trop beau pour être honnête. Et Dmitri Fofonov ? Celui que l'on prénommait le dernier des Kazakhs dans le peloton après l'éviction des Vinokourov et Kasheckin pour transfusion sanguine. Contrôlé positif à un stimulant à St Etienne, il peut rentrer à son tour à Astana pour une durée minimale de deux ans...

Venons-en maintenant à la course. Intimement liée au dopage, j'ai nommé l'équipe CSC du sulfureux Bjarne Riis. Sa team a écrasé le Tour. Meilleur rouleurs, meilleurs grimpeurs, meilleurs partout ! Riis est aujourd'hui un des rares hommes à pouvoir se vanter d'avoir réalisé le doublé dans le Tour de France. En 1996 sur le vélo en tant que coureur. En 2008 sur la voiture suiveuse dans le rôle du directeur sportif. Même si il a été contraint entre temps d'avouer qu'il avait gagné le Tour 1996 avec de l'EPO dans le sang. Et même si on apprendra peut-être dans quelques années que Carlos Sastre, son leader actuel, en a fait de même...

Mais qui est ce Carlos Sastre ? Un espagnol de 33 ans qui a déjà bien rouler sa bosse. Un mec aussi discret qu'intelligent dans le milieu qui a toujours réussi à passer entre les mailles du filet. Il a commencé sa carrière en 2000 au sein de la sulfureuse ONCE où un certain Manolo Saiz présidait à l'époque. C'était la fin des années Jalabert de l'autre côté des Pyrénées. Une époque où la traque du dopage n'avait pas réellement commencé en Espagne. Et où personne ne se doutait encore que l'Opération Puerto allait entraîner six ans plus tard la chute des plus grands champions du pays...

Quand un journaliste demanda à Carlos Sastre si on tenait enfin avec lui un vainqueur propre du Tour de France, celui-ci répondit un oui spontané largement employé dans le milieu du cyclisme alors que depuis l'âge de 18 ans tout cycliste ibérique ambitieux comme l'est Carlos Sastre fait usage de la fléchette pour constamment progresser. A la question suivante, le sympathique Carlos (car lui est au moins sympathique à l'inverse des Armstrong et consorts...) dédia sa victoire à son beau-frère José-Maria Jimenez. L'homme qui écrasait la montagne avec une facilité trop suspecte pour être crédible. L'homme qui finit sa carrière tellement dépressif qu'il mourra d'une crise cardiaque dans un hôpital glauque. Sastre avoua ensuite qu'il s'était inspiré de Laurent Jalabert qu'il avait côtoyé à la ONCE puis à la CSC au début de sa carrière. Et des méthodes employées par le numéro un mondial des années EPO...

Depuis quatre ans, Carlos Sastre était devenu le coureur le plus régulier des Tour de France et d'Espagne. Un spécialiste des courses de trois semaines. En 2005 et 2007, deuxième de la Vuelta derrière Denis Menchov. En 2006, troisième du Tour derrière Oscar Pereiro et Andreas Klöden. Jusqu'en 2006, il était l'équipier fidèle d'Ivan Basso en montagne et il devint enfin leader après l'implication de ce dernier dans l'Opération Puerto. L'Espagnol tournait autour depuis un moment. Ce Tour 2008 constituait probablement sa dernière chance grâce à la place moins importante donnée aux contre-la-montre et surtout l'absence des plus grands dopés du peloton (Rasmussen, Contador, Basso, Vinokourov, Klöden, Leipheimer et Di Luca) sur cette édition du soit disant renouveau...

Carlos Sastre était aussi intégré au sein d'une équipe CSC terriblement forte et homogène où les frères Schleck ont fait diversion pendant trois semaines, monopolisant l'attention des suiveurs et spécialistes du Tour de France. Bjarne Riis avait parfaitement caché son jeu en lançant d'abord Franck Schleck à l'assaut du maillot jaune dans Hautacam. Pour une seconde, ce dernier échouerait au profit de Cadel Evans. Mais ce n'était que partie remise puisqu'à Prato Nevoso, l'aîné des frères Schleck s'emparerait de la tête du classement général. N'osant pas dans la Bonette, temporisant dans la Croix-de-Fer, on commençait à croire que la CSC allait perdre le Tour de France dans le dernier contre-la-montre au profit de Cadel Evans bien meilleur rouleur sur le papier. C'était sans compter sur l'attaque fulgurante de Carlos Sastre dès le pied de l'Alpe-d'Huez dans l'étape reine des Alpes. Après deux cols hors-catégorie et près de 200 kilomètres de course, le Madrilène s'envolait seul à la conquête du Tour de France. Victoire mythique à l'Alpe doublée du maillot jaune. Un maillot jaune qu'il préserverait contre vents et marées jusqu'à Paris pour une petite minute sur Cadel Evans malgré le dernier chrono défavorable de St Amand-en-Montrond...

Sastre venait là de saisir la chance de sa vie. Jamais contrôlé positif tout au long de sa carrière, l'Espagnol a su parfaitement doser sa préparation spécifique à l'instar de son mentor Laurent Jalabert. Et ce n'est logiquement pas aujourd'hui qu'il va tomber dans la nasse tellement il semble bien piloté médicalement par les médecins de la CSC. Qui transforment leurs rouleurs surpuissants Fabian Cancellara et Jens Voigt en grimpeurs aériens dans les cols hors-catégorie du Tour de France. Avant de passer la main à Andy et Franck Schleck dans les ascensions finales... qui mettent Carlos Sastre sur orbite pour conlure ! Il l'a fait astucieusement en ce dimanche 27 juillet 2008 sur les Champs-Elysées parisiens, succédant à ses compatriotes Oscar Pereiro et Alberto Contador...

Photo de Carlos Sastre (Team CSC-Saxo Bank)

# Posté le lundi 28 juillet 2008 11:03

Modifié le lundi 28 juillet 2008 11:59

Octobre, triste fin de saison...

Octobre, triste fin de saison...
La fin de saison est tombée sur le lac de Côme. Le Giro di Lombardia dans l'escarcelle du jeune prodige italien Damiano Cunego. Cunego justement, le seul coureur de ces dix dernières années ayant gagné un Grand Tour sans tomber ensuite dans la nasse du dopage...

Sur la ligne d'arrivée de cette dernière course de l'année, il a devancé au sprint son compatriote Ricardo Ricco. Un coureur encore plus jeune que lui mais qui a déjà fait parler de lui au chapitre des faits divers. Contrôlé positif chez les amateurs et ayant obtenu des résultats sanguins anormaux sur le dernier Giro. Comme Danilo Di Luca. Le leader du Pro Tour impliqué dans l'affaire Oil for Drug, un réseau de dopage à l'EPO mis au jour en 2004, a d'ailleurs été condamné à trois mois de suspension par le Comité National Olympique Italien dans la semaine précédant le Tour de Lombardie. Il perd donc le classement du Pro Tour 2007 sur tapis vert. Et ne pourra même pas porter réclamation auprès d'un sulfureux avocat puisque Cadel Evans, son poursuivant immédiat au classement, l'a dépassé in extremis en finissant 6ème de cette dernière classique...

Qui est donc ce Cadel Evans qui finit numéro un mondial sans avoir gagné une course de l'année ? Un australien discret qui a commencé le cyclisme en pratiquant le VTT. S'est fait écrasé par un certain Michael Rasmussen... avant de passer à la route ! Il a rencontré en Italie un certain Patrick Lefévère qui l'a intégré dans l'armada Mapei dès 2001. En 2002, lors d'un Giro tourmenté, il a même porté le maillot rose une journée avant de s'effondrer le lendemain dans les Dolomites. Ce jour-là, Evans avait cédé au futur vainqueur de l'épreuve, Paolo Savoldelli, un quart d'heure dans les 10 derniers kilomètres. On l'avait vu serpenter dans la montée du Passo Coe en étant poussé de compassion par les tifosis italiens qui s'étaient enflammés d'avoir pu rencontrer un champion au visage humain. Visage que les Dario Frigo, Stefano Garzelli, Francesco Casagrande ou encore Gilberto Simoni de l'époque ne pouvaient pas avoir. Du temps est passé depuis. Evans l'a mis à profit pour se bonifier. Il a rapidement compris qu'il ne serait jamais un coureur hors-norme. Juste un bon rouleur en plaine et un honnête suiveur en montagne. Suffisant pour multiplier les places d'honneur. Depuis 2005, il a fait une fixation sur le Tour de France. Tout en restant compétitif une très grande partie de la saison. De Paris-Nice à la Lombardie. Tout simplement. Cadel Evans n'est pas un coureur du panache. Juste vulgairement un suceur de roue. Mais quand même le vainqueur du Pro Tour au final. Un homme qui a réussi à bisser Tour et Vuelta avec succès : deuxième sur la Grande Boucle et quatrième sur le Tour d'Espagne. Un homme déjà septième sur Paris-Nice, quatrième en Romandie et deuxième sur le Dauphiné. Un homme qui a su rester compétitif sur la Vuelta mais aussi aux championnats du Monde (quatrième) comme en Lombardie (sixième). Un homme que la majorité du peloton juge propre. C'est dire...

En marge d'Evans qui sauve cette nouvelle saison cycliste de la honte, il y a le cas Paolo Bettini. La semaine précédent la remise en jeu de son titre de champion du Monde à Stuttgart, le toscan a fait l'objet de soupçons après une révélation de la chaîne allemande ZDF. En marge des Mondiaux de Stuttgart, la chaîne a affirmé avoir été en possession d'un document prouvant que Patrik Sinkewitz, contrôlé positif à la testostérone en juin dernier, se serait procuré un produit auprès de Paolo Bettini du temps où ils couraient ensemble chez Mapei-Quick Step. Déclaré positif, licencié puis perquisitionné, Patrik Sinkewitz a affirmé à Paolo Bettini n'avoir jamais tenu de tels propos, mais le champion du monde a dû faire face à une nouvelle rumeur à son arrivée à Stuttgart. Une rumeur auquelle il a répondu en conservant magistralement son titre sur la route en règlant un petit groupe échappé. Et profité de l'aubaine inespérée pour faire tout son cinéma. Dans la tradition de l'exagération à l'italienne. Flinguant à trois reprises sur la ligne d'arrivée en direction de la dirigeante allemande qui avait voulu lui interdire l'accès aux championnats "une femme qui ne connâit rien au cyclisme et qui dans des fins strictement personnelles a voulu booster sa carrière politique" ! La réponse du grillon a été sanglante. Mais le doute est quand même là...

Comme sur Stefan Schumacher, la nouvelle Formule 1 allemande. Depuis le retrait de la star du pays Jan Ullrich, Schumacher porte sur ses épaules une partie du pseudo renouveau du cyclisme allemand. Brillant en 2006, il est passé à côté de sa saison 2007, même s'il a remporté, par la bénédiction de son coéquipier Davide Rebellin, l'Amstel Gold Race. Curieusement son écurie, la Gerolsteiner, a appliqué une politique anti-dopage ferme depuis l'hiver dernier. Alors la Ferrari Schumacher a baissé de pied. Depuis deux mois, on ne le voyait plus trop en course. Soit disant parce qu'il préparait minutieusement ses championnats du Monde à domicile. En finissant sur la troisième marche du podium, le puncheur allemand ne s'est d'ailleurs pas raté. Mais il a présenté des valeurs sanguines surprenantes lors d'un test inopiné diligenté par sa fédération deux jours après la course. Si la fédération allemande assure qu'il ne s'agit pas d'une manipulation sanguine, elle a relevé des valeurs divergentes. Le week-end suivant, le coureur a pris le volant à la sortie d'une discothèque, non loin de chez lui, quand il a percuté une clôture de jardin. Plutôt que de s'arrêter, Stefan Schumacher a poursuivi sa route, mais la police a été alertée et le coureur pris en chasse. Arrêté après avoir pris la fuite, l'allemand a admis les dommages mais les policiers ont tenu à lui faire passer un alcotest et un examen antidrogue. Résultat : de l'alcool et de la drogue dans le sang ! Stefan Schumacher a confessé avoir pris quelques verres en boîte de nuit avant de prendre la voiture et de défoncer une clôture mais a fermement nié avoir pris de la drogue. Pauvre Schumacher...

Entre ces pathétiques championnats du Monde (où Fabian Cancellara a également conservé son titre contre-la-montre) et le Tour de Lombardie, il y a eu Paris-Tours. Remporté là aussi par un coureur sombre en la personne d'Alessandro Petacchi. Contrôlé en mai positif au salbutamol avant d'être acquitté par sa fédération, il a regagné sur la Vuelta. Comme sur l'avenue de Grammont. En toute impunité. Sans oublier de nous faire lui aussi un grand cirque à l'italienne, les transalpins restant incontestablement les meilleures dans la science du cinéma comme du doping...

Sinon, en septembre, Denis Menchov a remporté la Vuelta. Une Vuelta au rabais. De façon anecdotique. Encore plus que celle acquise sur tapis vert il y a deux ans après le déclassement de Roberto Heras. Heras qui n'a jamais reconnu s'être dopé et qui a même refait parler de lui en fin de Tour d'Espagne. En annonçant qu'il négociait d'arrache pied son retour prochain dans les pelotons, sa suspension arrivant à terme. Ca aussi, c'est le cyclisme moderne...

Mais ce n'est pas encore aussi bien que le cas Andrey Kashechkin. Le coureur kazakh de la formation Astana a été contrôlé positif lors d'une sortie d'entraînement à Belek (sud-ouest de la Turquie), le 1er août. Comme pour son leader Alexandre Vinokourov, ce contrôle inopiné effectué par l'UCI, a décelé la pratique d'une transfusion sanguine homologue. On aurait pu en rester là mais non. Kashechkin ne s'est même pas étendu sur son cas de dopage. Il a juste répondu qu'il se vengerait très fort. En réduisant à néant la politique antidopage actuelle. Comme quoi les coureurs étaient traîtés tels des criminels. Bah oui, ce n'est pas normal que les contrôleurs de l'UCI viennent jusqu'en Turquie lors d'un stage de préparation à la Vuelta pour contrôler un coureur cycliste. Qui plus est le lieutenant d'Alexandre Vinokourov. Qui plus est un coureur qui se dope exactement de la même façon que son leader coincé sur le dernier Tour de France. Pour étayer ses arguments, son avocat évoque l'article 8 de la Convention des droits de l'homme selon lequel il ne peut y avoir d'ingérence dans la vie privée que par des autorités publiques. Or selon Maître Misson, le contrôle sanguin diligenté par l'UCI auquel s'était soustrait Kashechkin tard dans la soirée alors qu'il était en vacances en famille en Turquie, entre justement dans la catégorie des cas d'ingérence à la vie privée car effectué par des autorités sportives et non publiques. Il a surtout eu lieu en dehors du cadre de toute compétition. Le procès de l'ancien coureur de l'équipe Astana débutera le 6 novembre devant le tribunal des référés de Liège. En cas de défaite, la défense se réserve le droit d'aller jusque "devant la cour des droits de l'homme, ce qui donnerait un arrêt à valeur sinon mondiale, du moins européenne."

En bref, vivement 2008 !

Photo de Cadel Evans (Predictor-Lotto)

# Posté le vendredi 26 octobre 2007 17:39

Modifié le vendredi 01 août 2008 17:26

^^ Insolite ^^

Salut à tous,

Pour oublier l'atmosphère excécrable du cyclisme actuel, voici une petite vidéo que j'ai filmée le 29 septembre dernier dans les montagnes des Pyrénées-Atlantiques...

Vous retrouverez des vues depuis le Port de Larrau, le col d'Erroymendi comme le mythique Bagargui alors rincez-vous bien l'oeil !

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 05:13

^^ Insolite ^^

Salut à tous,

Pour vous détendre, voici une petite vidéo filmée par mes soins le 1er août dernier dans l'ascension mythique du col de l'Iseran lors de mes 113 kilomètres entre Modane et Bourg-St Maurice...

L'Iseran, ça aura été pour moi 57 kilomètres et 4 heures de montée depuis Modane avec un final de 14 kilomètres à plus de 7% de moyenne pour basculer à 2770 mètres d'altitude juste à côté des cimes éternellement enneigées...

Alors débranchez pendant 3:12 votre cerveau... et laissez-vous envoûter par la magie de cette montagne sauvage !

# Posté le lundi 13 août 2007 05:33