Juillet, Tour de Honte !

Juillet, Tour de Honte !
Le cyclisme actuel, c'est d'abord les affaires de dopage. A chaque gros poisson du peloton attrapé, c'est un favori du Tour de France en moins pour la victoire finale...

Jörg Jaksche n'en fait plus partie depuis l'Opération Puerto. Mais depuis il a malgré tout retrouvé une équipe, la Tinkoff Credit Systems, une équipe certes de seconde zone, qui a été invité au Giro en mai mais qui n'est pas convié à la fête de juillet. Jaksche au bout du rouleau a cependant fini par craquer en avouant qu'il s'était dopé toute sa carrière. A la Polti, à la T-Mobile, à la CSC comme chez Liberty. Pour marquer le coup de façon spectaculaire et voler ses derniers dollars au monde du cyclisme, il a balancé des noms, beaucoup de noms. En échange, il a reçu des menaces de mort venant de la haute mafia ! Pauvre sport. Son équipe Tinkoff non souhaité sur le Tour a été préféré à l'équipe Astana et sa ribambelle de stars de l'ex T-Mobile. Une équipe dont Matthias Kessler ne fait plus partie, contrôlé positif en mai à la testostérone lors des classiques ardennaises. Kessler, un des nombreux lieutenants d'Ullrich sous la célèbre tunique rose. Mais des stars chez Astana, il en reste. Alexandre Vinokourov, Andreas Klöden et Andrey Kashechkin. Ce sont d'ailleurs les favoris du Tour de France. En cela bien épaulé par Paolo Savoldelli et Antonio Colom...

Je ne suis pas ici pour vous raconter l'histoire de ce Tour de France 2007 que vous connaissez tous. Tour de France complètement pathétique et dénudé de tout intérêt sportif après les maintes expulsions pour soupçons ou cas de dopage...

Ce qu'on s'aperçoit, c'est que Michael Rasmussen et Alexandre Vinokourov ont chacun remporté deux victoires d'étape prestigieuses avant d'être exlu de la Grande Boucle...

Que Ivan Mayo ressuscité dans les Alpes après trois années blanches a fini lui aussi par se faire contrôler positif à l'EPO. En mai, il avait été contrôlé non négatif à la testostérone. Il s'en était sorti sans dommage contrairement à son coéquipier Leonardo Piepoli. Mais Mayo était fortement suivi depuis par les contrôleurs antidopage de l'UCI. Et il a fini lui aussi par tomber. La Saunier-Duval perd progressivement tous ses leaders. Après les résultats sanguins jugés anormaux de Gilberto Simoni et Ricardo Ricco sur le dernier Giro. L'étau se resserre de plus en plus sur les stars de la seringue...

Au milieu de tout ça, on peut noter que quatre grandes équipes du début des années 2000, CSC, Caisse d'Epargne, T-Mobile et Gerolsteiner, sont maintenant en retrait dans les Grands Tours. Certes elles ont perdu pour la plupart leurs grands leaders tombés dans la nasse du dopage. Mais quand même. A la CSC, Carlos Sastre fait de la résistance. Mais Jens Voigt et consorts n'avancent plus comme des avions en montagne. Pareil à la Caisse d'Epargne où même le prodige Alejandro Valverde bute dans les cols. A la T-Mobile habitué à jouer le maillot jaune ces dernières années, il n'y a plus de leader capable de briller sur la Grande Boucle. Serhiy Honchar a été écarté en interne suite à des résultats sanguins anormaux. Michael Rogers n'arrive pas à confirmer. Et joue de malchance en devant abandonner suite à une chute dans la descente du Cormet de Roselend. Patrick Sinkewitz se fait lui aussi contrôler positif au printemps à la testostérone, un produit qui revient à la mode depuis un an et le cas de dopage positif à cette substance du grand menteur Floyd Landis. Kim Kirchen lui ne progresse pas mais avance dans les classements grâce aux évictions des différents leaders. Linus Gerdemann monte mais reste un coureur fragile sur trois semaines, ce qui est rassurant pour le nouvel espoir du cyclisme allemand. Chez ses voisins allemands de la Gerolsteiner, c'est l'anonymat le plus total traversé dans ce Tour de France. Où sont passés Stefan Schumacher, Fabian Wegmann et Markus Fothen ? Preuve que la politique antidopage plus ou moins instauré dans ces différentes équipes a eu un effet...

Chose que la Discovery Chanel ne connait pas. Elle n'a pas eu honte d'engager Ivan Basso l'hiver dernier. Rattrapé depuis définitivement par l'Opération Puerto. Mais pour faire triompher Basso dans le Tour, elle a également embauché un rescapé de ce vaste réseau de dopage sanguin en Espagne. Cet homme, c'est évidemment Alberto Contador. Ce qu'il y a de bien dans l'équipe de Johan Bruyneel si on est totalement niais, ce sont ses différents leaders de rechange qu'elle possède. Même sans Armstrong retraité, Savoldelli parti et Basso écarté, son équipe écrase le classement général du Tour de France en plaçant trois seconds couteaux dans les dix premiers du classement général à Paris. Qui plus est avec deux coureurs sur le podium. Et Alberto Contador tout en haut...

Ce Tour de France est un Tour de Honte également avec le scandale Rasmussen. Inutile de revenir dessus en profondeur. Mais quelle personne un minimum intelligente croyait à l'épouventail Rasmussen en haute montagne depuis trois ans ? Rasmussen, l'homme qui écrasait le VTT avant de passer sur la route à 28 ans et d'y briller immédiatement dans les étapes montagneuses du Tour de France. Rasmussen, l'homme qu'on ne voit en compétition qu'un mois dans l'année, évidemment celui de juillet...

Et Alexandre Vinokourov ? Jusqu'à présent, Vino était la dernière grande star du cyclisme à n'être jamais tombé dans la nasse. Avant cette pathétique transfusion homologue. Le Kazakh traqué par l'UCI depuis un an suite à son appartenance à la Liberty-Seguros de Manolo Saiz piloté médicalement par Eufemanio Fuentes ! Vinokourov qui s'entraînait en noir au printemps pour échapper aux contrôles inopinés sur le bord de la route, Vinokourov qui était suivi par le terrible docteur Ferrari, Vinokourov l'imbécile...

Il en est de même pour Christian Moreni. L'homme traversait le Tour dans l'anonymat. Ne jouait dans aucun classement. Mais il s'est quand même chargé de testostérone entre les Alpes et les Pyrénées. Dans quel intérêt ? Celui de simplement finir à Paris ? Ce cas de dopage fait encore davantage de peine au vélo. De voir que même les grégarios prennent. En attendant, l'Italien a reconnu sa faute, chose pas courante dans le milieu du vélo ! Tous les arguments, même les plus superflus, étant souvent utilisés pour nier l'évidence...

Le Tour est arrivé à Paris dimanche dernier. Proche du chaos. Avec un vainqueur forcément chargé de drogues. Mais le Tour est arrivé. Et c'est bien là le seul exploit de ce mois de juillet. De constater que malgré les multiples affaires de dopage, le Tour de France continue à exister...

Photo des trois plus grosses cyclindrées de ce Tour de France 2007 : la moto suiveuse (ASO), la moto Rasmussen (Rabobank) et la moto Contador (Discovery Channel)

# Posté le vendredi 03 août 2007 07:22

Modifié le dimanche 03 février 2008 19:41

L'Autre Tour de France !!!!

L'Autre Tour de France !!!!
Deux journalistes habitués des grandes chevauchées de la petite reine ont parcouru cette année le Tour de France un jour avant les professionnels. Un français, Guillaume Prébois, et un italien, Fabio Biasiolo. Le défi était de savoir s'il était possible humainement de finir le Tour à l'eau claire. La réponse est oui puisque nos deux héros arriveront demain vers 14h30 sur les Champs-Elysées parisiens. Mais dans quel état ? Complètement lessivé évidemment. Au-delà du parcours surhumain que propose la Grande Boucle, c'est la moyenne horaire qui aura été foncièrement différente entre nos deux cyclistes amateurs et le peloton professionnel. Ce qui confirme que boucler les 3500 bornes du Tour de France en trois semaines à plus de 40 km/h de moyenne est tout simplement impossible si on ne "se soigne" pas à un moment ou à un autre. A l'heure où le cyclisme vit une des plus graves crises de son histoire, j'apprécie doublement le fantastique exploit humain de Guillaume et Fabio. Comme je m'identifie mille fois plus à ces deux personnes qu'à Michael Rasmussen ou Alberto Contador. Alors, une nouvelle fois, chapeau bas messieurs !

Photo de Guillaume et Fabio dans le Port de Balès le dimanche 22 juillet 2007 entre Foix et Loudenvielle

# Posté le vendredi 27 juillet 2007 16:36

Modifié le vendredi 27 juillet 2007 18:27

Mai, quand le cyclisme s'enlise toujours plus bas...

Mai, quand le cyclisme s'enlise toujours plus bas...
Le cyclisme n'arrive pas à se sortir du dopage. Pire, il continue à s'enterrer inéluctablement dedans !

Des révélations fracassantes au sein de la grande équipe des années 1990 de la Telekom ont récemment eu lieu. Tous les leaders de cette époque ont reconnu avoir fait usage de produits dopants durant ces années troubles dites années EPO. Tous, même Bjarne Riis. Repoussé dans ses derniers retranchements, Monsieur 60%, en référence à son taux de globules rouges élevé artificiellement par le doping, a fini par avouer l'impossible. L'impossible par rapport à sa ligne de conduite qu'il tentait d'insinuer aux niais depuis qu'il était directeur sportif de l'omnipotente armada CSC suivie par le sulfureux docteur Cecchini. Riis dopé lorsqu'il était coureur et qui a donné pendant des années des leçons au monde du vélo...

Riis qui a certainement conseillé à son leader Ivan Basso l'an passé d'aller lui-même consulter le docteur Fuentes afin de réaliser l'impossible doublé Giro-Tour. Et le bel Italien qui a fini par reconnaître lui aussi acculé son implication dans l'Opération Puerto. Il sera suspendu jusqu'à la fin de l'année 2008. Bon débarras également pour le cyclisme...

Au milieu de tout ça, Jan Ullrich continue à vivre dans un monde parallèle, celui du mensonge par n'importe quel moyen. Lorsque je disais que toutes les stars de la Telekom avaient reconnu avoir fait usage de produits interdits lorsqu'ils évoluaient sous la célèbre tunique rose, j'omettais l'enfant terrible du cyclisme allemand. Car oui, Jan Ullrich s'entête à nier l'évidence. Il travaille même actuellement à sa réhabilitation après les aveux de dopage de ses anciens coéquipiers. Persistant à nier des faits incontestables de par le contexte de l'époque, les nombreuses dénonciations et la découverte de poches de sang lui appartenant dans le laboratoire du docteur Fuentes, l'ancien coureur a demandé à être reçu par la chancelière allemande Angela Merkel. Jan Ullrich avait à c½ur de rétablir sa réputation en obtenant une entrevue avec la femme politique allemande, mais sa requête a été rejetée par le gouvernement. L'ancien vainqueur du Tour de France aura beau avoir utilisé les services d'un ami et partenaire commercial proche de la chancellerie, il ne sera pas parvenu à ses fins. Jusqu'où le pauvre Jan Ullrich tombera t-il ?

Un qui n'a pas honte également, c'est Oscar Sevilla, impliqué lui aussi dans l'Opération Puerto, et qui fanfaronne en gagnant l'étape reine du Tour de Catalogne. Retour également dans le peloton pour Jörg Jaksche. A 30 ans, l'Allemand aurait dû mettre un terme à sa carrière après la découverte, par l'opinion publique, de son secret pour gagner. Impliqué dans l'affaire Puerto, l'ancien vainqueur de Paris-Nice n'a dû son salut qu'à la bonté et l'insouciance de l'équipe italo-russe Tinkoff Credit Systems. Il a été recruté sur le tard par la riche formation, rejoignant ainsi des coureurs comme Danilo Hondo et Tyler Hamilton. Une chose a changé néanmoins pour Jörg Jaksche. Il devra désormais se contenter de courir de petites épreuves, là où les organisateurs à la recherche d'une tête d'affiche voudront bien lui ouvrir leurs portes. Ce fut le cas du Circuit de Lorraine qu'il a aisément remporté...

Du côté de l'Italie, la routine. Eddy Mazzoleni a terminé troisième du récent Giro. Bien que jamais suspendu, l'Italien a déjà eu affaire à deux reprises à la justice transalpine. Par le passé, il avait été entendu dans le cadre d'une affaire de trafic de produits dopants à Bergame, qui avait notamment mis en cause Elisa Basso, sa femme. Le beau-frère d'Ivan Basso avait ensuite été interrogé à Rome en 2004 à la suite d'écoutes téléphoniques enregistrées entre lui et le docteur Santuccione, selon lesquelles les deux hommes évoquaient vraisemblablement une prise d'EPO. L'affaire n'a jamais abouti mais la presse italienne n'en est pas restée là, révélant dernièrement qu'Eddy Mazzoleni aurait suivi une préparation auprès du terrifiant Michele Ferrari il y a deux mois dans les Canaries...

A noter également, le contrôle "non négatif" sur cette même course d'Alessandro Petacchi, quintuple vainqueur d'étape. Le Toscan, contrôlé positif au salbutamol, prétend posséder des certificats médicaux lui permettant d'utiliser des médicaments antiasthmatiques et antiallergiques. Les scientifiques auraient retrouvé des doses supérieures à celles permises par l'Union Cycliste Internationale. De nouvelles analyses permettront de savoir comment Alessandro Petacchi a pu accroître le taux en question...

Chez Saunier Duval-Prodir, c'est l'Italien Leonardo Piepoli qui est au bord du précipice. L'Italien a affirmé prendre lui aussi du salbutamol pour soigner une allergie et prétend également disposer d'une autorisation à usage thérapeutique. En somme, le meilleur grimpeur du dernier Giro rejette tout acte illicite. Il devra lui aussi s'expliquer sur la quantité de produit inhalée au mois de mai...

Et pour symboliser le malaise général ambiant, Franck Vandenbroucke, grand espoir du cyclisme de la fin des années 1990, est proche du vide. A 32 ans, le coureur belge a tenté de mettre fin à ses jours récemment à Vermezzo, où il vit, non loin de Milan. Le Wallon a rapidement été évacué vers l'hôpital italien de Fornaroli di Magenta, où les médecins l'ont sauvé in extremis. Dépressif et instable, Frank Vandenbroucke semble n'avoir jamais su s'entourer des bonnes personnes au cours de sa carrière. On ne compte plus le nombre de ses démêlés avec la justice, la police, ses employeurs ou ses femmes. Implication dans diverses affaires de trafic de produits dopants, relations inquiétantes avec un milieu angoissant, tentative d'intimidation à coup de fusil envers son ex épouse... Frank Vandenbroucke a alimenté les chroniques de la presse à scandales plus que celles d'un sport pour lequel on le prédestinait à une carrière de champion. C'était avant 1999 et le début de la déchéance. Avant l'ouverture d'une enquête à son propos, quelques jours seulement après l'Everest de sa carrière et sa victoire dans Liège-Bastogne-Liège. Une première enquête qui a plongé le coureur aux enfers, où il erre depuis huit ans. A sa place, beaucoup auraient renoncé, mais Frank Vandenbroucke était trop imbibé par le cyclisme pour concevoir faire quelque chose d'autre. Saisissant les mains tendues ici et là, il fit un retour éclair en avril 2003, se classant 2ème du Tour des Flandres. Malheureusement, il demeurera un éternel incompris, multipliant les coups bas à l'encontre de ceux qui avaient daigné lui accorder une dernière chance. Sa saison 2007, débutée au sein de l'équipe Acqua & Sapone-Caffe Mokambo, aura encore été marquée par de nombreux ennuis de santé et de multiples désistements. Accablé par les charges qui pèsent contre lui dans de nombreuses affaires de dopage, Frank Vandenbroucke ne supportait sans doute plus cette pression. Un parcours qui rappelle à s'y méprendre celui de Marco Pantani...

Sur le terrain, Danilo Di Luca a enfin gagné la course de ses rêves, le Tour d'Italie. Mais la révélation de ce Grand Tour se nomme bien à seulement 21 ans le talentueux Andy Schleck...

En Espagne, Alejandro Valverde avance désormais sur le fil du rasoir. Rattrapé à son tour par l'Opération Puerto, il a renoncé au Tour de Catalogne sans raison valable. Et abandonné prématurément au Dauphiné-Libéré. Ca sent la suspension pour dopage...

Le Dauphiné justement qui va couronner un coureur français d'expérience en la personne de Christophe Moreau. Le Belfortain, en retrait depuis cinq ans, revient au premier plan cette année, en partie grâce aux démantellements des réseaux de dopage. Et à 36 ans, il postule de nouveau pour une victoire dans un mois sur le Tour de France...

Photo de Christophe Moreau (Ag2r Prévoyance) remportant la 4ème étape du Critérium du Dauphiné-Libéré au sommet du mythique Mont Ventoux

# Posté le samedi 16 juin 2007 17:09

Modifié le dimanche 17 juin 2007 05:36

...blog suspendu jusqu'à la fin de saison...

...blog suspendu jusqu'à la fin de saison...
Etant donné que je suis débordé depuis un mois par ma formation de conducteur de ligne à la SNCF, je ne peux et ne pourrai plus alimenter ce blog jusqu'à la fin de l'année. Alors pardonnez-moi pour la gêne occasionnée... si toutefois ma vision du cyclisme vous intéressait !

Je viendrai juste tous les deux-trois mois résumer ce qu'il se passe dans l'actualité du cyclisme international... de ce que j'entrevois de loin !

Amitiés sportives, Thierry

PS : Ne sachant quoi poster, j'ai mis une photo de moi le 31 mai dernier au sommet du Cormet de Roselend (1968 mètres) dans la neige après avoir escaladé précédemment dans la même journée Megève (1113 mètres), le col des Saisies (1650 mètres) et le col de Méraillet (1605 mètres) lors des 122 kilomètres entre St Gervais les Bains (74) et Albertville (73)

# Posté le samedi 16 juin 2007 16:19

Modifié le dimanche 07 octobre 2007 05:18

^^ Insolite ^^

Salut à tous,

Pour vous détendre, voici une petite vidéo de moi avant-hier abattant mon quatrième Mont Ventoux escaladé depuis Bédoin lors de mes 133 kilomètres entre Avignon et Orange...

Débranchez pendant 4:55 votre cerveau... et laissez-vous envoûter par la magie de la montagne mythique !

# Posté le vendredi 25 mai 2007 07:35