Dekker confirme
Comme chaque année au début du mois de mai, les courses par étapes prennent le relais des classiques d'un jour. Le Tour de Romandie est la première d'entre elles. Par tradition, on y retrouve des coureurs souhaitant affiner leur condition pour le Tour d'Italie qui démarre deux semaines plus tard ou préparant tout simplement le Tour de France au début du mois de juillet. Le Tour de Romandie souffre d'un mauvaise publicité depuis quelques années. Celle du dopage. Trois années de suite un coureur de l'équipe locale Phonak l'a emporté. Tyler Hamilton en 2003 et 2004 avant de se faire contrôler positif à la transfusion sanguine. Puis Santiago Botero en 2005 avant d'être impliqué dans le scandale de l'Opération Puerto. Un temps affaire classée, le vaste scandale de dopage sanguin en Espagne revient sur le devant de la scène ces dernières semaines. Avec à sa tête Ivan Basso. Qui s'est enfin décidé à reconnaître son implication du côté de Madrid. Et qui se dit même prêt à collaborer avec la justice. On croit rêver ! En espérant que le vainqueur du Giro 2006 aura le courage d'aller au bout des choses en déballant tout son sac. Chose que ses prédécesseurs Marco Pantani et Dario Frigo tombés dans la nasse n'avaient pas réussi à faire en leur temps malgré des promesses tapageuses de grande lessive. En attendant, le vélo continue de rouler. Envers et contre tout. Paolo Savoldelli, Monsieur Prologue du Tour de Romandie, s'impose une nouvelle fois dans son exercice favori, celui du casse-cou dans les rues de Fribourg. A deux semaines du départ du Giro, l'Italien se positionne. Comme toute son équipe Astana. Qui verrouille la course tous les jours pour permettre à son leader de parader en jaune sur les routes romandes. La première étape sourit à un opportuniste. Marcus Fothen résiste au retour du peloton lancé à ses trousses dans la dernière ligne droite et s'impose en réglant parfaitement son compagnon de fugue Francisco Perez. Mais qui est donc ce Francisco Perez bien connu des paysages romands ? Ni plus ni moins un ancien membre de la peu recommandable équipe Milanenza qui avait dynamité cette même course en 2003. A tel point qu'elle avait manqué de faire vaciller le grand imposteur Tyler Hamilton. Francisco Perez avait plané cette année-là en Romandie. Dans chaque ascension, il avait lâché tout le monde. Un jour où il avait étape gagnée, il s'était trompé pathétiquement de chemin dans le final. Cela ne l'avait pas empêché de l'emporter le lendemain dans la grande étape de montagne. Et de revêtir un temps le maillot jaune de leader. Avant de se faire dominer contre-la-montre par les spécialistes. Moins d'un mois plus tard, ce même Francisco Perez s'était fait contrôler positif à l'EPO. Cela lui avait valu deux ans de suspension. Une nouvelle anecdote qui confirme que le cyclisme adore recycler ses meilleurs tricheurs ! Le lendemain à Lucens, le seul sprint massif de la semaine sourit à Robbie McEwen, le seul sprinter de classe mondiale engagé cette année en Suisse. Vendredi, Matteo Bono fait un grand numéro dans l'étape de moyenne montagne se finissant à Charmey. Il règle au sprint ses deux compagnons d'échappée Beppu et Pinotti après plus de 150 kilomètres d�échappée. Déjà vainqueur d'une étape similaire sur Tirreno-Adriatico, Bonno incarne la relève du cyclisme italien. En moins suspecte que l'arrogant et controversé Ricardo Ricco. Samedi a lieu la grande étape de montagne, celle qui va décider en grande partie du classement général de ce Tour de Romandie. L'équipe Astana fait de nouveau une très grosse impression. Elle maintient à distance les échappés du jour. Parmi lesquels le revenant David Moncoutié. Malheureusement pour le français, l'étape tourne au drame lorsqu'il chute dans une descente détrempée. Moncoutié qui revenait juste d'une tendinite de la rotule se fracture ici le col de fémur. Saison quasi-terminée et fin de carrière plus ou moins dans l'air. L'étape se déroule dans des conditions épouvantables. Et Eddy Mazzoleni emmène ce qui reste du peloton à un train d'enfer dans l'ascension finale. Jose Angel Gomez Marchante s'essaie mais il est rapidement contré par Sylvester Szymd. Le Polonais résiste deux kilomètres avant d'être débordé par le Basque bondissant Igor Anton. Derrière, sous l'impulsion de Chris Horner, le peloton explose. Le leader Paolo Savoldelli ne peut pas suivre. A Horner, qui va se parer de jaune en haut de Morgins, se joint Thomas Dekker et John Gadret. Les trois hommes rejoignent Igor Anton qui sait se faire oublier dans le final pour l'emporter au sprint non sans avoir fait une vague devant Thomas Dekker. La course romande se finit comme d'habitude par un chrono dans les rues de Lausanne. Qui permet à Thomas Dekker de confirmer son immense potentiel. Déjà vainqueur de Tirenno-Adriatico l'an passé, le jeune Néerlandais domine tout le monde contre-la-montre. Même les deux leaders de l'équipe Astana Paolo Savoldelli et Andrey Kashechkin qui se joignent à lui sur le podium final. Chris Horner rétrograde en cinquième position, derrière son leader et vainqueur sortant Cadel Evans moins incisif cette année. John Gadret finit onzième et premier français sur les bords du Lac Léman...
Classement général final :
1. Thomas Dekker (PBS, Rabobank) en 17h27'02"
2. Paolo Savoldelli (ITA, Astana) à 11 sec.
3. Andrey Kashechkin (KAZ, Astana) à 34 sec.
4. Cadel Evans (AUS, Predictor-Lotto) à 43 sec.
5. Chris Horner (USA, Predictor-Lotto) à 46 sec.
6. Roman Kreuziger (TCH, Liquigas) à 1'35"
7. Igor Anton (ESP, Euskaltel-Euskadi) à 1'51"
8. Andy Schleck (LUX, Team CSC) à 1'53"
9. Sylvester Szmyd (POL, Lampre-Fondital) à 1'55"
10. Janez Brajkovic (SLO, Discovery Channel) à 2'00"
Photo de Thomas Dekker (PBS, Rabobank) entre Paolo Savoldelli (ITA, Astana) et Andrey Kashechkin (KAZ, Astana)
Comme chaque année au début du mois de mai, les courses par étapes prennent le relais des classiques d'un jour. Le Tour de Romandie est la première d'entre elles. Par tradition, on y retrouve des coureurs souhaitant affiner leur condition pour le Tour d'Italie qui démarre deux semaines plus tard ou préparant tout simplement le Tour de France au début du mois de juillet. Le Tour de Romandie souffre d'un mauvaise publicité depuis quelques années. Celle du dopage. Trois années de suite un coureur de l'équipe locale Phonak l'a emporté. Tyler Hamilton en 2003 et 2004 avant de se faire contrôler positif à la transfusion sanguine. Puis Santiago Botero en 2005 avant d'être impliqué dans le scandale de l'Opération Puerto. Un temps affaire classée, le vaste scandale de dopage sanguin en Espagne revient sur le devant de la scène ces dernières semaines. Avec à sa tête Ivan Basso. Qui s'est enfin décidé à reconnaître son implication du côté de Madrid. Et qui se dit même prêt à collaborer avec la justice. On croit rêver ! En espérant que le vainqueur du Giro 2006 aura le courage d'aller au bout des choses en déballant tout son sac. Chose que ses prédécesseurs Marco Pantani et Dario Frigo tombés dans la nasse n'avaient pas réussi à faire en leur temps malgré des promesses tapageuses de grande lessive. En attendant, le vélo continue de rouler. Envers et contre tout. Paolo Savoldelli, Monsieur Prologue du Tour de Romandie, s'impose une nouvelle fois dans son exercice favori, celui du casse-cou dans les rues de Fribourg. A deux semaines du départ du Giro, l'Italien se positionne. Comme toute son équipe Astana. Qui verrouille la course tous les jours pour permettre à son leader de parader en jaune sur les routes romandes. La première étape sourit à un opportuniste. Marcus Fothen résiste au retour du peloton lancé à ses trousses dans la dernière ligne droite et s'impose en réglant parfaitement son compagnon de fugue Francisco Perez. Mais qui est donc ce Francisco Perez bien connu des paysages romands ? Ni plus ni moins un ancien membre de la peu recommandable équipe Milanenza qui avait dynamité cette même course en 2003. A tel point qu'elle avait manqué de faire vaciller le grand imposteur Tyler Hamilton. Francisco Perez avait plané cette année-là en Romandie. Dans chaque ascension, il avait lâché tout le monde. Un jour où il avait étape gagnée, il s'était trompé pathétiquement de chemin dans le final. Cela ne l'avait pas empêché de l'emporter le lendemain dans la grande étape de montagne. Et de revêtir un temps le maillot jaune de leader. Avant de se faire dominer contre-la-montre par les spécialistes. Moins d'un mois plus tard, ce même Francisco Perez s'était fait contrôler positif à l'EPO. Cela lui avait valu deux ans de suspension. Une nouvelle anecdote qui confirme que le cyclisme adore recycler ses meilleurs tricheurs ! Le lendemain à Lucens, le seul sprint massif de la semaine sourit à Robbie McEwen, le seul sprinter de classe mondiale engagé cette année en Suisse. Vendredi, Matteo Bono fait un grand numéro dans l'étape de moyenne montagne se finissant à Charmey. Il règle au sprint ses deux compagnons d'échappée Beppu et Pinotti après plus de 150 kilomètres d�échappée. Déjà vainqueur d'une étape similaire sur Tirreno-Adriatico, Bonno incarne la relève du cyclisme italien. En moins suspecte que l'arrogant et controversé Ricardo Ricco. Samedi a lieu la grande étape de montagne, celle qui va décider en grande partie du classement général de ce Tour de Romandie. L'équipe Astana fait de nouveau une très grosse impression. Elle maintient à distance les échappés du jour. Parmi lesquels le revenant David Moncoutié. Malheureusement pour le français, l'étape tourne au drame lorsqu'il chute dans une descente détrempée. Moncoutié qui revenait juste d'une tendinite de la rotule se fracture ici le col de fémur. Saison quasi-terminée et fin de carrière plus ou moins dans l'air. L'étape se déroule dans des conditions épouvantables. Et Eddy Mazzoleni emmène ce qui reste du peloton à un train d'enfer dans l'ascension finale. Jose Angel Gomez Marchante s'essaie mais il est rapidement contré par Sylvester Szymd. Le Polonais résiste deux kilomètres avant d'être débordé par le Basque bondissant Igor Anton. Derrière, sous l'impulsion de Chris Horner, le peloton explose. Le leader Paolo Savoldelli ne peut pas suivre. A Horner, qui va se parer de jaune en haut de Morgins, se joint Thomas Dekker et John Gadret. Les trois hommes rejoignent Igor Anton qui sait se faire oublier dans le final pour l'emporter au sprint non sans avoir fait une vague devant Thomas Dekker. La course romande se finit comme d'habitude par un chrono dans les rues de Lausanne. Qui permet à Thomas Dekker de confirmer son immense potentiel. Déjà vainqueur de Tirenno-Adriatico l'an passé, le jeune Néerlandais domine tout le monde contre-la-montre. Même les deux leaders de l'équipe Astana Paolo Savoldelli et Andrey Kashechkin qui se joignent à lui sur le podium final. Chris Horner rétrograde en cinquième position, derrière son leader et vainqueur sortant Cadel Evans moins incisif cette année. John Gadret finit onzième et premier français sur les bords du Lac Léman...
Classement général final :
1. Thomas Dekker (PBS, Rabobank) en 17h27'02"
2. Paolo Savoldelli (ITA, Astana) à 11 sec.
3. Andrey Kashechkin (KAZ, Astana) à 34 sec.
4. Cadel Evans (AUS, Predictor-Lotto) à 43 sec.
5. Chris Horner (USA, Predictor-Lotto) à 46 sec.
6. Roman Kreuziger (TCH, Liquigas) à 1'35"
7. Igor Anton (ESP, Euskaltel-Euskadi) à 1'51"
8. Andy Schleck (LUX, Team CSC) à 1'53"
9. Sylvester Szmyd (POL, Lampre-Fondital) à 1'55"
10. Janez Brajkovic (SLO, Discovery Channel) à 2'00"
Photo de Thomas Dekker (PBS, Rabobank) entre Paolo Savoldelli (ITA, Astana) et Andrey Kashechkin (KAZ, Astana)




