A une semaine du terme de la saison, Paris-Tours fête aujourd'hui sa 100ème édition ! C'est un grand événement en cette fin d'année et les coureurs souhaitant accrocher cette édition historique sont nombreux. De tradition, Paris-Tours est la classique des sprinters. Les conditions climatiques sont idéales aujourd'hui et finalement, la liste des favoris est appelée à se rallonger. Certes, il y a bien un régiment de sprinters engagé au départ de Saint Arnoult en Yvelines pour 254,5 kilomètres quasiment dénués de difficultés jusqu'à Tours. La traversée de la Beauce et de la Touraine figure au programme du jour. Parmi les favoris à un sprint massif, on retrouve Boonen, Nazon, Usov, Hushovd et Kirsipuu, Bennati et Napolitano, Pagliarini et Ventoso, Förster et Haussler, Clerc et Guidi, Cooke et Hunt, O'Grady, Van Heeswijk et Eeckhout. Mais les attaquants savent bien que sur les dix dernières éditions de Paris-Tours, seules trois d'entre elles se sont conclues au sprint. Et ils mettent le feu aux poudres dès le départ, réalisant pas moins de 48 kilomètres au cours de la première heure. Ca roule très vite, ça attaque dans tous les sens, et ce sont vingt-huit coureurs qui trouvent l'ouverture après 25 kilomètres endiablés. Le peloton ne souhaite pas leur donner trop de champ mais malgré tout, les vingt-huit s'entendent bien et creusent assez vite l'écart. Derrière eux, le peloton explose. S'ils sont une trentaine à filer en tête de course, les autres se chamaillent pour essayer de rentrer sur la tête de course. Tous les coureurs n'évoluent pas sur le même rythme, si bien que plusieurs groupes se forment. Une quarantaine d'hommes, parmi lesquels Thor Hushovd, Baden Cooke, Stuart O'Grady, Daniele Bennati et Jaan Kirsipuu. En tête, dans le groupe des vingt-huit, on retrouve Carlos Abellan et Koen De Kort (Astana), Frédéric Amorison (Landbouwkrediet-Colnago), Kurt-Asle Arvesen et Kasper Klostergaard (Team CSC), Graeme Brown et Pedro Horillo (Rabobank), Mauro Da Dalto, Enrico Gasparotto et Luca Paolini (Liquigas), Steven De Jongh et Kevin Van Impe (Quick Step-Innergetic), Tyler Farrar et Cristian Moreni (Cofidis), Frédéric Finot et Frédéric Guesdon (Française des Jeux), Enrico Franzoi et Danilo Napolitano (Lampre-Fondital), Vladimir Gusev (Discovery Channel), Iñaki Isasi (Euskaltel-Euskadi), Jan Kuyckx (Davitamon-Lotto), Yoann Le Boulanger (Bouygues Telecom), Christoph Meschemoser et Maarten Tjallingii (Skil-Shimano), Stéphane Poulhies (Ag2r Prévoyance), Sebastien Siedler (Team Milram), David Vitoria (Phonak Hearing Systems) et Peter Wrolich (Gerolsteiner). Les vingt-huit hommes de tête creusent assez vite l'écart sur le premier peloton, qui ne se résigne pourtant pas et insiste à la poursuite des attaquants. Derrière, le gros du peloton se relève. Aucune équipe ne prend la responsabilité de rouler après les quelques soixante-dix concurrents détachés. L'écart augmente. Il atteint le quart d'heure à mi-parcours. Pour le peloton, la course prend une tournure alarmiste. Tom Boonen (Quick Step-Innergetic) est piégé à bord du mauvais wagon. Pour lui, la course se termine au ravitaillement. En effet, le peloton ayant accumulé trop de retard au cours de la première partie de course, c'est un abandon collectif qui est décrété au ravito. Le peloton se retire pour ne laisser en course que vingt-huit coureurs pris en chasse par un groupe de quarante-quatre unités. Ce groupe perd jusqu'à 4'30" puis comble progressivement son retard. Dans l'imposant groupe de tête, on comprend que la 100ème édition de Paris-Tours ne ressemblera à aucune autre. Les têtes des sprinters sont tombées et c'est un attaquant, encore une fois, qui peut aujourd'hui tirer son épingle du jeu. Aussi, face à ce Paris-Tours atypique, de premières attaques secouent le groupe des vingt-huit à 50 kilomètres du but. Les accélérations se multiplient jusqu'à l'éclosion d'une nouvelle échappée de cinq concurrents. A bord, on y retrouve Kurt-Asle Arvesen, Enrico Gasparotto, Frédéric Guesdon, Cristian Moreni et Kevin Van Impe. Les cinq hommes repoussent tout doucement leurs anciens compagnons d'échappée sur les routes menants à Tours. Mais les écarts demeurent minces entre chacun des groupes. Derrière surtout, ce qu'il convient d'appeler le peloton revient sur les anciens échappés. Un regroupement général s'opère à la poursuite des cinq hommes de tête à 15 kilomètres du but. Kurt-Asle Arvesen, Enrico Gasparotto, Frédéric Guesdon, Cristian Moreni et Kevin Van Impe abordent le final de Paris-Tours avec une avance réduite à 15 secondes sur le peloton. Et pourtant, Frédéric Guesdon profite de la côte de l'Epan, à 8 bornes de l'arrivée sur l'interminable avenue de Grammont, pour résister encore au regroupement général. Seul le Norvégien Kurt-Asle Arvesen se joint encore au Breton, les deux hommes entamant alors une course poursuite avec leurs poursuivants. Le suspense est intenable dans les rues de Tours, mais les deux hommes réalisent l'exploit. Après 230 kilomètres d'échappée, ils se présentent en rescapés d'un Paris-Tours fou, fou, fou. Sur l'avenue de Grammont, le Français Frédéric Guedon vient s'offrir une autre grande classique, neuf ans après son sacre dans Paris-Roubaix. Il s'impose devant Kurt-Asle Arvesen, Stuart O'Grady (Team CSC) réglant le sprint du peloton dans leur sillage. A bientôt 35 ans, il parachève ici une fantastique carrière propre de bout en bout...
Classement général final :
1. Frédéric Guesdon (FRA, Française des Jeux) les 154,5 km en 5h31'09" (46,1 km/h)
2. Kurt-Asle Arvesen (NOR, Team CSC) m.t.
3. Stuart O'Grady (AUS, Team CSC) à 8 sec.
4. Thor Hushovd (NOR, Crédit Agricole) m.t.
5. Alexandre Usov (BLR, Ag2r Prévoyance) m.t.
6. Baden Cooke (AUS, Unibet.com) m.t.
7. Frank Hoj (DAN, Gerolsteiner) m.t.
8. Danilo Napolitano (ITA, Lampre-Fondital) m.t.
9. Tom Steels (BEL, Davitamon-Lotto) m.t.
10. Filippo Pozzato (ITA, Quick Step-Innergetic) m.t.
Photo de Frédéric Guesdon (FRA, Française des Jeux) entre Kurt-Asle Arvesen (NOR, Team CSC) et Stuart O'Grady (AUS, Team CSC)




